Le
palmier, une herbe géante
Le palmier est une monocotylédone, c'est-à-dire
une "herbe géante" ne possédant, (sauf exceptions),
qu'un seul bourgeon foliaire assurant sa croissance.
Son "tronc" n'en est pas un car il ne
présente pas de stries d'accroissement avec les saisons.
Il est appelé un "stipe ". Il ne croît pas
en diamètre avec le temps car il ne possède pas d'assises
cellulaires concentriques pour cela comme chez les arbres. Si certains
stipes s'enflent avec le temps, c'est par l'augmentation du nombre
des canaux issus du bourgeon foliaire qui le traversent. Par contre,
le stipe s'allonge vers le haut.
Les Ceroxylon des Andes possèdent
les plus hauts stipes du monde, de 40 à 60m ! L'espèce
présentant le plus gros stipe est celui du cocotier du Chili,
acclimatable dans le Sud et l'Ouest de la France : Jubaea
chilensis. Il dépasse facilement le mètre
de diamètre pour une hauteur de 10 à 12 mètres.
De nombreuses espèces de sous-bois tropicaux ou équatoriaux,
peu cultivées jusqu'il y a peu de temps, restent de taille
modeste et ne sont pas pour autant dénuées d'esthétique.
Certaines sont même de gracieuses lianes épineuses
(rotins).
Les feuilles du palmier sont des palmes.
On distingue 2 grands types de feuilles. Les feuilles pennées
ressemblent à des plumes. Les feuilles palmées sont
plus ou moins rondes à nervures radiantes. De nombreuses
formes dérivées très élégantes
existent :
- costapalmée (feuille palmée à nervure centrale
prédominante prolongeant le pétiole) chez les Sabal,
- entière palmée (feuille ronde ou oblongue plissée
en éventail) comme certains Licuala,
- entière comme les superbes et recherchés Johannesteijsmannia
et Manicaria,
- bipennée à folioles en nageoires de poisson comme
les gracieux Caryota,
- bifides comme certains Chamaedorea
américains ou Dypsis de sous-bois malgache.
Ces formes de feuilles qui font des palmiers les
princes du règne végétal, sont parfois rehaussées
de couleurs vives : rouge, orange, jaune ou étonnantes :
bleu ciel, gris et blanc. Ces couleurs sont souvent accentuées
chez les jeunes plants.
L'inflorescence du palmier est un spadice, grappe
de fleurs entourée d'une bractée protectrice, la spathe,
avant la floraison. Certaines espèces fleurissent et fructifient
chaque année. D'autres, ne fleurissent qu'une seule fois
et meurent, parfois après 80 années de croissance
( Corypha umbraculifera, le talipot) !
De nombreuses espèces dites monoïques, présentent
des fleurs mâles et des fleurs femelles sur la même
plante ou des fleurs hermaphrodites. D'autres espèces, dites
dioïques, ont des plantes mâles et des plantes femelles
distinctes.
Les fruits sont souvent brillamment colorés
pour attirer les gourmands qui disperseront ainsi leurs graines
(singes, rongeurs, oiseuax). Ils sont généralement
charnus et chacun contiennent le plus souvent une seule graine.
Les graines sont de formes diverses, parfois minuscules
comme celles de certains Coccothrinax des Antilles,
ou parfois énormes. La plus grosse graine du monde végétal
est celle du palmier Lodoicea maldivica des Maldives
appelé Coco-fesses. Elle atteint 12kg, mais n'oubliez pas
que déjà la lourde noix de coco de votre corbeille
de fruits est une graine viable de cocotier !
Leur statut d'herbe géante confère
aux palmiers un avantage que ne possèdent pas les arbres
: la possibilité d'être transplantés à
tout âge moyennant quelques précautions. Ils reconstituent
en effet assez facilement leur système racinaire, même
s'ils sont plus que quinquagénaires.
Une autre particularité des palmiers est
la longue période de latence avant la germination. Cela est
surtout vrai pour les grandes espèces de climat tempéré.
Il n'est pas rare que l'essentiel d'un semis ne lève que
6 à 12 mois voire plusieurs années après avoir
été semé, même si quelques graines lèvent
dès les premiers mois. A l'inverse, de nombreuses espèces
tropicales et sub-tropicales ont des semences fragiles à
viabilité n'excédant pas quelques semaines. Cela n'empêche
pas les mêmes espèces d'être très résistantes
en culture.
Les
Palmiers dans le monde
Avec près de 3000 espèces réparties
en plus de 250 genres, les palmiers (Arécacées) forment
une importante famille botanique, essentiellement répartie
dans les contrées chaudes (entre +30° et -30° de
latitude). Si pour nous, occidentaux, l'image du palmier évoque
les vacances au soleil, pour les populations tropicales, il est
source de vie. Les palmiers constituent la famille botanique qui
comporte le plus grand nombre d'espèces utilisées
par l'Homme. C'est d'ailleurs une raison majeure de raréfaction
des palmiers dans le monde.
On estime qu'au XIXème siècle, un
tiers des habitants de la terre vivaient des produits des palmiers.
Ces plantes fournissent de tout : alimentation (fruits, farine,
huile, cire alimentaire, sucre, boissons), habillement (fibres végétales),
ameublement (rotin), construction (stipes pour la structure, feuillage
pour la toiture) et bien sûr des substances médicamenteuses.
Comment
cultiver les palmiers ?
En germant, beaucoup de palmiers développent
une longue racine pivotante avant même de former leur première
feuille. Celle-ci ressemble très souvent à une feuille
de graminée coriace et rigide. La racine pivot sera bientôt
rejointe par d'autres, puis souvent disparaîtra. Mais tant
qu'elle est unique ou prépondérante, c'est à
dire pendant une à 2 saisons, elle est la source d'alimentation
principale de la plantule et entraîne la mort de celle-ci
si elle est coupée ou blessée. Il faut donc respecter
son intégrité et sa position lors de tout rempotage
dans les premières années du palmier. On utilise donc
des pots hauts pour cultiver les palmiers.
Les palmiers aiment généralement
les sols drainés légèrement acides. Il est
important que l'eau ne stagne pas dans le substrat ni sous le pot.
Certaines espèces le supporteront, mais généralement,
cela fragilisera le plant qui subira des attaques cryptogamiques
(moisissures), la plus grave étant la pourriture de l'unique
bourgeon dont quasiment aucune espèce ne réchappe
à l'état jeune !
Beaucoup d'espèces de palmiers sont gourmandes
en engrais. La formule qui leur convient généralement
aux palmiers est 3-1-3-1 soit 3 parts d'Azote, 1 part de Phosphore,
3 part de Potassium et 1 part de Magnésium. Il importe également
d'associer tout un cortège d'oligo-éléments
(sels de métaux entre autres). L'usage d'engrais de proportions
15-9-9 sur les palmiers de climat tempéré donne de
bons résultats. Comme il est hors de question que chacun
se transforme en chimiste pour composer lui-même son engrais,
PALMARIS utilise et recommande
l'emploi d'un des rares engrais proches disponibles chez les professionnels
à savoir 16-8-12-2 + oligoéléments, un engrais
encapsulé qui se libère en 9 mois. Ce sont de mini-capsules
poreuses libérant l'engrais par osmose durant la belle saison
quand la température est douce. On l'ajoute à raison
de 300 à 400 gr/100 litres de substrat. Comme les rempotages
se réalisent au printemps et que l'hiver est une période
de ralentissement de croissance chez les palmiers cultivés,
l'engrais incorporé au substrat reste valable jusqu'au rempotage
de l'année suivante.
PALMARIS
vous propose tous les matériaux
et matériels de base nécessaires
à la réussite de vos cultures de palmiers (substrat
et bacs de semis, pots hauts "spécial palmier").
Où
cultiver des palmiers
?
Des
palmiers au jardin
La flore européenne continentale naturelle ne comporte que
2 espèces de palmiers : le Chamaerops humilis
(espèce la plus septentrionale au monde), encore présent
spontanément en Espagne, et le Phnix theophrasti,
espèce récemment identifiée en Crète
(1967). (Le Phnix canariensis, endémique
des îles Canaries, est bio-géographiquement rattaché
à la flore africaine).
De nombreuses espèces provenant d'Amérique
du Nord, d'Amérique du Sud, d'Afrique du Sud, d'Asie et des
terres australes de l'Océanie peuvent être cultivées
sur le sol de France : près de 100 en Corse. 3 ou 4 résistent
à tous les climats du territoire métropolitain. Pour
peu qu'on ne dépasse pas 600 mètres d'altitude, une
vingtaine d'espèces est cultivable en pleine terre dans le
Sud-ouest. À une époque où règne l'uniformité
dans nos jardins, où les mêmes arbres et arbustes sont
plantés du Nord au Sud de la France, pourquoi ne pas introduire
un élément de rêve et d'harmonie dans votre
paysage de tous les jours ?
Le palmier n'acidifie pas le sol comme les conifères,
il ne cause pas de problème de feuilles mortes, son introduction
dans les jardins, est inoffensive pour l'environnement et n'est
pas source de travail fastidieux (taille, ramassage de feuilles,
etc...). Tout au plus doit-il être l'objet de quelques soins
attentifs lors de sa plantation et d'une protection hivernale les
premières années pour certaines espèces délicates.
Des
palmiers dans la maison
Hormis les kentias (Howea
forsteriana) , les Chamaedorea elegans, les
areca (Dypsis lutescens), et parfois les Rhapis,
peu de palmiers d'intérieur sont proposés par les
jardineries. Il en existe pourtant de nombreuses très décoratives.
Les genres Chamaedorea, Pinanga, Licuala,
Livistona, Geonoma, Dypsis,
etc... comptent de nombreuses espèces de sous-bois tropicaux
qui s'accommodent bien de nos intérieurs, pourvu que nous
leur prodiguions quelques soins minimums.
Des
palmiers dans la véranda
Si vous êtes possesseur d'une véranda ou d'une serre
de culture tenue à +5°c minimum l'hiver, vous êtes
vraiment privilégié. Sans perdre de vue le problème
de gestion de l'espace, il vous est possible de cultiver de très
nombreuses espèces car vous disposez alors de ce qui manque
le plus dans une maison : la lumière solaire ! La seule limite
biologique est alors fixée par la température minimale
hivernale et... la hauteur du plafond ! A +8°c de température
minimale l'hiver, vous pouvez cultiver 70% des espèces de
palmiers que nous vous proposons (climat noté "Tr")
dans notre liste
générale. A +3°c minimum, 50%
de nos espèces vous sont encore accessibles (climat noté
"Te-Tr") ! Un simple petit chauffage d'appoint suffit
souvent à passer correctement les quelques nuits les plus
froides des hivers. Plus que le froid seul, c'est souvent la combinaison
"humidité du substrat + froid" qui affaiblit le
palmier. En modérant les arrosages hivernaux, vous mettez
toutes les chances de votre côté.
Votre
premier palmier
PALMARIS
vous conseille de débuter par quelques espèces rustiques
peu exigeantes et qui vous satisferont car elles croissent rapidement
et tolèrent les erreurs de cultures des débutants.
Le Washingtonia
filifera vous surprendra par la métamorphose
en 2 à 3 saisons de leur aspect de plantule en palmiers à
tronc globuleux brun-orangé et la grâce de leurs feuilles
garnis de fils blancs vrillés.
Le Trachycarpus
fortunei vous apportera
le plaisir de voir grandir en pleine terre une espèce rustique
en tout lieu non montagnard du territoire français.
Le Latanier
rouge (Latania lontaroides)
aux feuilles rouges et vertes, le Dypsis
decaryi à la base de la
couronne foliaire triangulaire, sont d'excellentes plantes d'intérieurs
clairs. Leur croissance lente en fait de belles plantes d'ornement.
Les Caryota
et les Arenga
vous étonneront par leur feuillage élégamment
découpé en nageoires de poisson.
Il existe bien d'autres espèces qui vous satisferont. PALMARIS
vous accompagnera dans leur découverte...
A
propos de la collection...
Tout détenteur de collection botanique est responsable d'une
part de la sauvegarde de la biodiversité ! Les palmiers ne
sont pas produits par boutures, comme de nombreuses plantes de pépinières,
mais par semis. Or, les graines ne viennent pas toutes de jardins
botaniques. Certaines, les plus rares généralement,
proviennent de récoltes "sauvages" plus ou moins
contrôlées. On peut s'insurger contre cette pratique,
mais il faut savoir que dans la nature, une infime partie des graines
germe et a fortiori donnent des palmiers adultes quelques années
ou dizaines d'années plus tard. Si l'espèce est rare,
c'est beaucoup du fait des populations locales qui la surexploite
sans s'inquiéter de la voir disparaître totalement
(abattage des plants adultes pour divers usages : la consommation
ou la construction, consommation incontrôlée des fruits
et plantules par les animaux domestiques, déforestation,
destruction des graines par des rongeurs introduits pour les espèces
insulaires, etc...). De nombreuses espèces de palmiers sont
d'ores et déjà condamnées in situ et ne survivront
génétiquement que grâce aux collections botaniques
qui permettront un jour peut-être leur ré-introduction
en des sites protégés. Dans le souci permanent de
ne pas gaspiller cette part de patrimoine que nous gardons tous,
PALMARIS se tient toujours
à votre disposition pour vous conseiller dans la maintenance
de vos plantes, parfois même jusqu'à vous déconseiller
leur acquisition en fonction de vos installations et votre expérience.
La vie au milieu de nos "bébés
palmiers" est pour nous un réel plaisir que nous vous
invitons à partager.
Léon ROGEZ
Haut
de page
www.palmaris.org